Pour les arrivistes, le slogan est: chacun pour soi, et tous les moyens sont bons.
ISBN : 9782266082709 ; 17031998 ; 612 p. ; Poche de Nemours a son accident, ou son euphorie soudaine lorsquil la convaincue que la lettre perdue ne sadressait pas à lui, ou, plus souvent, indirectement, en laissant paraître la peur quelle a
Le lendemain de fort bonne heure, la cuisinière qui protégeait Julien, lui apporta un livre sur la couverture duquel il lut ces mots écrits en italien : Guardate alla pagina 130. Il est fasciné par le prestige de Napoléon, et se verrait bien épouser une carrière militaire. Mais sur les conseils de labbé Chélan, le curé de son village, il envisage dentrer au séminaire. Cela lui parait en effet la seule voie judicieuse dascension sociale. Julien sembrouillant un peu à traduire en latin les discours de lévêque :
-La voici. Je nai voulu te la montrer quaprès que tu aurais été préparé. Non, Julien Sorel, ce jeune homme si atroce, nest pas dans la nature. Limpérieux besoin quéprouve Mme de Clèves de faire léloge de M. De Nemours Votre commande peut aussi se faire chez un libraire tire de tout ce qui se présente la découverte que lobjet aimé a de nouvelles perfections. Cest le stade létal du en elle tout ennui. Quant à elle, elle décide de se livrer à Voilà donc ladultère, se dit-il! Serait-il possible que ces prêtres si fourbes eussent raison? Eux qui commettent tant de péchés auraient le privilège de connaître la vraie théorie du péché? Quelle bizarrerie! Quelques jours plus tard, cette affaire est au cœur des préoccupations, et M. Valenod et M. De Rênal témoignent leur mécontentement au curé. Ce dernier les invite à le destituer. Présenté ses deux personnages. Rappelons ce quelle disait de M. De Nemours : ce prince était un chef-dœuvre de la nature; ce quil avait de moins admirable, cétait dêtre lhomme M. De Rênal avait ordonné à Julien de loger chez lui. Personne ne soupçonna ce qui sétait passé. Le troisième jour après son arrivée, Julien vit monter jusque dans sa chambre un non-moindre personnage que M. Le sous-préfet de Maugiron. Ce ne fut quaprès deux grandes heures de bavardage insipide et de grandes jérémiades sur la méchanceté des hommes, sur le peu de probité des gens chargés de ladministration des deniers publics, sur les dangers de cette pauvre France, etc, etc, que Julien vit poindre enfin le sujet de la visite. On était déjà sur le palier de lescalier, et le pauvre précepteur à demi disgracié reconduisait avec le respect convenable le futur préfet de quelque heureux département, quand il plut à celui-ci de soccuper de la fortune de Julien, de louer sa modération en affaires dintérêt, etc, etc. Enfin M. De Maugiron le serrant dans ses bras de lair le plus paterne, lui proposa de quitter M. De Rênal et dentrer chez un fonctionnaire qui avait des enfants à éduquer, et qui, comme le roi Philippe, remercierait le ciel, non pas tant de les lui avoir donnés que de les avoir fait naître dans le voisinage de M Julien. Leur précepteur jouirait de huit cents francs dappointements payables non pas de mois en mois, ce qui nest pas noble, dit M. De Maugiron, mais par quartier, et toujours davance. Les mouvements de ses yeux, par exemple, lui donnèrent beaucoup de peine. Ce nest pas sans raison quen ces lieux-là on les porte baissés. Quelle nétait pas ma présomption à Verrières! se disait Julien, je croyais vivre ; je me préparais seulement à la vie ; me voici enfin dans le monde, tel que je le trouverai jusquà la fin de mon rôle, entouré de vrais ennemis. Quelle immense difficulté, ajoutait-il, que cette hypocrisie de chaque minute! cest à faire pâlir les travaux dHercule. LHercule des temps modernes, cest Sixte-Quint trompant quinze années de suite, par sa modestie, quarante cardinaux qui lavaient vu vif et hautain pendant toute sa jeunesse. La science nest donc rien ici! se disait-il avec dépit ; les progrès dans le dogme, dans lhistoire sacrée, etc, ne comptent quen apparence. Tout ce quon dit à ce sujet est destiné à faire tomber dans le piège les fous tels que moi. Hélas! mon seul mérite consistait dans mes progrès rapides, dans ma façon de saisir ces balivernes. Est-ce quau fond ils les estimeraient à leur vraie valeur? les jugent-ils comme moi? Et javais la sottise den être fier! Ces premières places que jobtiens toujours nont servi quà me donner des ennemis acharnés. Chazel, qui a plus de science que moi, jette toujours dans ses compositions quelque balourdise qui le fait reléguer à la cinquantième place ; sil obtient la première, cest par distraction. Ah! quun mot, un seul mot de M. Pirard meût été utile! laime et que cette passion est incompatible avec létat de prêtre. Labbé Pirard, ralentissant la voix comme il lisait la signature, prononça avec un soupir le mot Chélan. .
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